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Le Bénin a rejoint la liste d’États africains imposant des taxes pour l’utilisation d’Internet.
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Le Bénin a rejoint la liste d’États africains imposant des taxes pour l’utilisation d’Internet.

Fin août, le gouvernement a adopté un décret imposant des taxes à ses citoyens pour l’accès à Internet et aux applications de réseaux sociaux. La directive, proposée pour la première fois en juillet, instaure des frais de 5 francs CFA (0,008 $) par mégaoctet consommé par le biais de services comme Facebook, WhatsApp et Twitter. Il introduit également une taxe de 5%, en plus des taxes, sur les SMS et les appels, selon le groupe de plaidoyer Internet Sans Frontières (ISF).

La nouvelle loi a été dénoncée, les citoyens et les partisans utilisant le hashtag #Taxepamesmo (“Don’t tax my megabytes”) pour demander aux fonctionnaires d’annuler le prélèvement. Selon Julie Owono, directrice exécutive de l’ISF, l’augmentation des tarifs ne va pas seulement peser sur les consommateurs les plus pauvres et creuser la fracture numérique, mais elle sera également “désastreuse” pour l’économie numérique naissante du pays. Une pétition contre le prélèvement sur Change.org a recueilli près de 7 000 signatures depuis sa création il y a cinq jours.

Le pays d’Afrique de l’Ouest rejoint le groupe de pays africains qui ont introduit de nouveaux frais d’accès aux espaces numériques. Le mois dernier, la Zambie a approuvé une taxe sur les appels Internet afin de protéger les grands opérateurs de télécommunications aux dépens des citoyens déjà pressés. En juillet, l’Ouganda a également introduit une taxe pour l’accès à 60 sites Web et applications de réseaux sociaux, y compris WhatsApp et Twitter, à partir de téléphones mobiles. Les fonctionnaires de Kampala ont également augmenté les droits sur les transactions d’argent mobile de 10% à 15%, dans le but de réduire la fuite des capitaux et d’améliorer le ratio des taxes sur le PIB du pays.

Les défenseurs des droits numériques affirment que ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’initiatives plus larges visant à réduire au silence les critiques et les conversations sociopolitiques, culturelles et économiques dynamiques qui se déroulent en ligne. Selon eux, l’adoption de ces taxes pourrait avoir un impact coûteux non seulement sur la démocratie et la cohésion sociale, mais aussi sur la croissance économique, l’innovation et la neutralité du réseau. Paradigm Initiative, une entreprise nigériane qui travaille à la promotion des droits numériques, a déclaré qu’elle craignait que le Nigeria ne suive les traces de l’Ouganda et de la Zambie et commence à prélever des taxes sur les services de médias de pointe comme Facebook et Telegram qui diffusent du contenu sur Internet.

Mais la taxation du secteur numérique pourrait avoir un impact négatif à long terme. La recherche a déjà montré que les frais ad hoc de l’Ouganda pourraient coûter à son économie 750 millions de dollars en revenus cette année seulement. “Ces gouvernements sont en train de tuer la poule aux oeufs d’or, a dit M. Owono.

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