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Cette surprise que Whatsapp réserve aux Africains
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Les ambitions de WhatsApp sur le continent africain sont restées un mystère pendant un certain temps, même si son influence en tant que service de messagerie et en tant que plate-forme de médias sociaux de choix pour les Africains a pris de plus en plus d’importance.  Cela s’est fait sans que l’on ne sente à un quelconque moment une sorte de stratégie économique et commerciale spécifique, ce qui a soulevé bien des questions, compte tenu du marché que représente l’ensemble des 57 pays africains.

Puis, après le départ des co-fondateurs Brian Action (septembre) et Jan Koum (avril) de la maison mère Facebook, il y a eu des rapports majeurs (paywall) portant sur les tensions internes, sur la façon dont le désir de protéger la vie privée des utilisateurs était incompatible avec l’objectif de commercialiser WhatsApp pour justifier les 22 milliards de dollars que Facebook avait investi en rachetant la structure en 2014.

L’avantage concurrentiel de WhatsApp se situe dans les marchés émergents, où son service fonctionne presque toujours, indépendamment de la vitesse d’Internet ou de la bande passante disponible. C’est le service de messagerie numéro 1 au monde, grâce aux utilisateurs d’Amérique latine, de l’Afrique et de la plupart des pays de l’Asie en dehors de la Chine. Dans ces régions, les entreprises locales souhaitent voir WhatsApp intégrer une dimension commerciale, c’est-à-dire qu’elles souhaitent vivement utiliser la plate-forme de manière plus efficace pour traiter avec leurs clients qui vivent à peu près sur WhatsApp.

Imaginez juste un instant, que vous ayez votre petite entreprise, et que vous arriviez à recevoir vos paiements par l’application WhatsApp directement uprès de vos clients contacts.

“La vague de disruption que nous verrons en Afrique viendra beaucoup plus des petites entreprises”

Facebook a compris la valeur de cette opportunité sur le marché de l’Afrique. “La vague de disruption que nous verrons en Afrique viendra beaucoup plus des petites entreprises que des grandes compagnies”, a déclaré Julien Decot, directeur chez Facebook du département Platform Partnerships pour la région Europe, Moyen Orient et Afrique lors du récent MEST AFRICA SUMMIT, tenu à Cape Town en Afrique du Sud. “Il est clair que ces entreprises passeront probablement directement par WhatsApp pour se connecter à leurs clients potentiels et faire découvrir leurs entreprises, mais il  n’est pas évident qu’elles feront de la publicité sur le fil d’actualité de Facebook. ”

Cela ne signifie pas que Facebook pense que les entreprises africaines ou asiatiques ne feront jamais de publicité sur WhatsApp. C’est juste une approche étape par étape. La première :  créer une application WhatsApp Business pour des millions de petites entreprises à atteindre leurs clients (déjà fait). La suivante : « réparer la plomberie » en activant des services clés comme les paiements et la prospection, puis en identifiant le «modèle économique sous-jacent», a expliqué M. Decot. “Si nous connectons plusieurs millions de consommateurs avec des millions d’entreprises, à un moment donné, les entreprises nous paieront pour obtenir plus de clients”, a-t-il déclaré. “Nous n’avons pas besoin de réinventer la roue.”

Ce qu’on pourrait en dire, c’est que si cela ressemble à de la publicité et que c’est payé comme de la publicité, c’est que c’est probablement de la publicité.

 

WhatsApp Business a été un peu une sorte de cheval de Troie pour le potentiel commercial de la plate-forme. “C’est déjà grand, plus grand que ce à quoi nous nous attendions, avec plusieurs millions d’utilisateurs”, a-t-il dit, refusant de révéler des chiffres précis. Il a qualifié le total de « déjà très substantiel », même dans le contexte des 70 millions d’annonceurs mondiaux de Facebook.

WhatsApp documente le comportement des utilisateurs professionnels afin d’optimiser les cas d’utilisation les plus importants et se concentre particulièrement sur les grandes opportunités de paiements et de découverte. Il pourrait y avoir une énorme récompense pour plus d’un milliard de personnes à faire circuler de l’argent partout dans le monde et pourrait facilement dominer en Afrique sub-saharienne où il est la plate-forme de médias sociaux par défaut.

 

 

Dans les pays où WhatsApp a acquis des parts de marché importantes, les banques centrales et les autres régulateurs financiers seront naturellement préoccupés par son impact. En Inde, où WhatsApp compte environ 200 millions d’utilisateurs, il teste ses produits de paiement depuis février.

 

“Nous le ferons ici [en Afrique] aussi. Quoiqu’il arrive, cela sera fonction de la rapidité avec laquelle nous pourrons déployer ce type de services. WhatsApp est à une échelle où la réglementation est difficile », a déclaré Decot. Il a confirmé que les conversations avec certains services de régulation d’Etats Africains avaient déjà commencé.

 

Un produit de paiement WhatsApp pourrait à la fois relancer et ébranler le secteur naissant des paiements numériques en Afrique que les startups fintech en Afrique de l’Ouest, Centrale et Australe travaillent toutes frénétiquement à bâtir. Ce pourrait en effet être le moment où ces startups tendraient la main aux régulateurs nationaux dans l’optique de protéger leur avenir.

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En effet, alors qu’il n’ya aucune garantie que la plateforme devienne un acteur majeur du paiement en ligne sur le long terme en Afrique, si elle est capable de naviguer dans l’environnement réglementaire des grandes économies africaines comme l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya, elle prendrait une avance majeure sur les startups fintech locales qui peinent à convaincre les partenaires et les clients à utiliser leurs services. A ceux-ci il faut ajouter les opérateurs TELECOM qui ont désormais pleinement intégrer le secteur fintech, mais aussi plus récemment les banques traditionnelles.

 

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