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Bénin : les innovations du nouveau code électoral en gestation au Parlement agitent le pays
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Bénin : les innovations du nouveau code électoral en gestation au Parlement agitent le pays

Les innovations relatives aux cautions à payer par les candidats aux prochaines législatives et présidentielles, introduites dans le nouveau code électoral en gestation au Parlement béninois, suscitent une vive polémique au sein de la classe politique aussi bien que dans les organisations de la société civile.

Selon les dispositions du projet de loi portant sur le code électoral au Bénin, étudiée en commission des lois de l’Assemblée nationale, tout candidat à l’élection présidentielle au Bénin devra verser au Trésor public un cautionnement de 250 millions de francs CFA contre 15 millions de francs CFA dans la loi actuellement en vigueur.

Les mêmes dispositions de ce nouveau code prévoient également que pour les élections législatives, la caution est portée de 8,3 millions de francs CFA à 200 millions de francs CFA pour chaque liste de candidatures.

Ainsi depuis mardi dernier, quand le projet de loi a été examiné en commission en attendant son adoption par l’ensemble des députés en plénière, une intense polémique agite le pays.

D’un côté, les défenseurs ardents du projet gouvernemental chantent les mérites de cette initiative et l’importance des innovations qu’elle propose pour le bien-être des citoyens, la bonne gestion des ressources publiques et la construction d’un meilleur espace démocratique.

“L’objectif visé à travers ce nouveau code électoral est en réalité de trouver le moyen d’assainir l’environnement politique tout en évitant à l’avenir des candidatures fantaisistes”, a déclaré le rapporteur de la commission des lois à l’Assemblée nationale, Orden Alladatin.

Pour ce député de la majorité parlementaire, l’atteinte de cet objectif doit nécessairement passer par un arsenal juridique contraignant. Celui-ci doit amener à de grands regroupements, ce qui rendra la caution à payer d’autant plus remboursable que par un candidat isolé, a-t-il affirmé.

De l’autre, de farouches adversaires expriment des inquiétudes et dénoncent les pièges et les “arrière-pensées malveillantes” des promoteurs de cette réforme.

“Loin de mettre fin à la prolifération des micro-partis, cette loi aura pour résultat de privatiser notre démocratie en empêchant les candidatures indépendantes et en professionnalisant les activités politiques”, s’est insurgé le président du Groupe d’étude et de recherche sur la démocratie et le développement économique et social en Afrique (GERDESS-Afrique), Alao Sadikou, dans un communiqué publié jeudi soir à Cotonou.

Il a estimé que les cautionnements fixés, aussi bien pour les législatives que pour les présidentielles, “violent la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 en ce sens que le Bénin, avec ce nouveau code électoral, passera de la souveraineté populaire à la souveraineté de business”.

Pour le député Guy Mitokpè de l’opposition, ce projet de loi n’est pas une réforme mais une incongruité.

“Non ! Gérer une République n’est pas faire des calculs d’épicier. On ne peut pas laisser la gestion d’un pays rien qu’aux riches. Ils ne sont pas les seules personnes intelligentes dans la République”, a-t-il déploré, affirmant que “nulle part au monde on ne dépose une telle caution pour être candidat à une élection présidentielle”.

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