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Syndicat du Ministère des Finances : pourquoi cette fois la pilule aura du mal à passer auprès de l’opinion publique
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Syndicat du Ministère des Finances : pourquoi cette fois la pilule aura du mal à passer auprès de l’opinion publique

Dans la soirée de ce mercredi 28 mars 2018, la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances (CS-MEF) a annoncé une grève de 48 heures à compter du 4 avril 2018 sur toute l’étendue du territoire national, lors d’une conférence de presse.

On ne finira pas d’entendre parler du bras de fer que se livrent de façon intermittente les syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances. Nouveau round prévu donc pour le 04 avril prochain. Pour l’occasion, la Coordination des syndicats comme  son habitude bandent les muscles et médiatise son action prochaine en se basant sur un certain nombre de revendications:

  • Le respect des engagements des autorités par la reconduction du check off au MINEFID unilatéralement suspendu ;
  • La restauration de la dotation du carburant de fonctionnement aux agents, supprimée par Arrêté n°2017-541/MINEFID/CAB du 26 décembre 2017 ;
  • La mise en œuvre intégrale de tous les accords conclus entre les différentes organisations syndicales et le Gouvernement ;
  • Le relogement des travailleurs du MINEFID dans le bâtiment R+4 du MINEFID ;
  • L’arrêt des réformes entreprises au sein du MINEFID sans l’adhésion des travailleurs ;
  • La réalisation des contrats de vérification des importations avec les sociétés privées ;
  • L’adoption de statuts sécurisants pour le personnel du MINEFID.

la Coordination a justifié ces revendications ainsi que l’opportunité de sa mobilisation prochaine, par le refus du gouvernement de s’acquitter de ses promesses tenues envers les syndicalistes depuis le début des tractations entre les acteurs de ce contexte.

D’un autre côté la Coordination n’a pas manqué de pointer du doigt les différentes réformes qu’a décidé d’entreprendre la première responsable du ministère, en affirmant qu’elles posaient problème, comme l’a clairement laissé entendre son président : « Les réformes que veut imposer madame le ministre n’apporteront aucune valeur ajoutée au MINEFID. Bien au contraire, elles engendreront d’énormes pertes tant pour l’Etat burkinabè que pour les travailleurs du MINEFID ».

Sur la question du Fonds Commun qui serait le véritable motif de leur grogne, la Coordination se défend en exposant le fait que des Fonds Commun existent dans la sous-région et que ces derniers sont nécessaires car ils permettent de  stimuler les travailleurs du MINEFID,  de cultiver la solidarité entre ces travailleurs et de les mettre à l’abri des fléaux tels que la corruption et le détournement des deniers publics. Elle ajoute d’ailleurs que ce Fonds constitue un droit que l’on ne saurait retirer aux travailleurs du ministère, non sans charger la ministre en détaillant le fait que le fameux fond fonctionne aussi grâce à elle.

La prise de parole de madame la Ministre n’a pas manqué de faire réagir l’opinion publique

Le problème, c’est que cette sortie, bien que prévue de longue date, fait écho (du fait de l’actualité) à la récente prise de parole de la Ministre devant l’assemblée des députés du Burkina Faso, prise de parole qui n’a pas manqué de faire réagir l’opinion publique, à travers réseaux sociaux, causeries de couloirs, ou encore de bar. On y apprenait en effet (quoique depuis le temps qu’en parlent les médias, tout le monde aurait du paraître moins surpris), que depuis 2012, le fonds commun avait évolué, jusqu’à dépasser à partir de 2016 la masse salariale de l’ensemble du Ministère. on y apprenait en outre que chaque agent de catégorie A avait perçu  perçu la somme de 6 millions de FCFA comme fonds commun en 2017. Les agents de catégorie inférieure ont perçu  de l’ordre de 4 millions de FCFA.

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Le gouvernement gagne du terrain en matière d’opinion favorable dans ses réformes

La prochaine grève du 04 avril annonce donc dans son sillage une étape charnière en ce sens que cette fois, l’opinion publique, encore sous le choc des incidences financières révélées récemment par la Ministre Coulibaly, n’est clairement plus en faveur des syndicats du MINEFID. Cette désolidarisation pourrait même s’étendre aux autres syndicats de la fonction publique, partant de l’abîme qui existe sur le plan financier entre les agents et cadres du MINEFID et les autres agents de la fonction publique. Si jusqu’alors, la question de la suppression des Fonds communs demeurait un mythe, à chaque bataille, le gouvernement gagne du terrain (aussi petites soit son avancée), en amenant de plus en plus dans son sillage l’opinion populaire, qui en ces temps de disettes voient les revendications des syndicats du MINEFID comme un  pied de nez à la situation nationale.

La sortie du jour de la Coordination des syndicats du MINEFID a pêché en ce sens que ces derniers ont dans leur déclaration, et surement de façon involontaire (nous l’espérons), justifié leur droit au Fonds Commun par le désir de motivation de ses bénéficiaires, comme si ces derniers abattaient le plus gros du travail de la fonction publique Burkinabé (ce qui n’est pas évident à déterminer).

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En définitive, si une suppression de tous les fonds communs ministériels semblent toujours à ce jour impossible, la stratégie de l’Etat pourrait à terme se limiter à une diminution drastique desdits fonds (celui du MINEFID étant vraisemblablement le plus important), et à une réaffectation de son usage, non plus aux employés des ministères, mais exclusivement à la gestion administrative des ministères. Arriver à un tel résultat serait déjà une grande victoire pour la ministre Coulibaly et le gouvernement Thieba III. Reste à savoir comment cela se fera, quand on perçoit la détermination de la ministre du MINEFID à aller au bout de ses réformes, et celle des syndicats du même ministère à ne pas la laisser faire, avec au milieu, la population Burkinabé tenant le double rôle de victime et de spectateur.

 

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