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Etre jeune et s’en sortir financièrement c’est possible : voici comment vous y prendre
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L’un des problèmes récurrent dans la vie d’un Burkinabé, surtout d’un jeune Burkinabé, c’est la difficulté qu’il a  à gérer son portefeuille. Il est très difficile aujourd’hui d’obtenir un emploi, mais une fois que l’on entre dans le monde professionnel et que l’on se pense à l’abri du besoin vu le salaire que l’on reçoit chaque fin de mois, on se retrouve très vite à l’étroit et on cherche, non, on espère gagner plus. Vous savez sûrement de quoi je parle (les filles en particulier).

Hé bien, la solution ne se trouve pas dans le fait de gagner plus pour répondre à ses besoins, car ce mécanisme est la porte ouverte vers un cercle vicieux dans lequel vous n’aurez jamais assez de moyens pécuniaires. Pourtant ce problème est loin d’être une fatalité, même si il dénote d’une santé financière désastreuse.

Pour les jeunes (comme pour les moins jeunes cela s’entend), la première raison qui pousse vers la recherche d’un revenu est le désir d’indépendance. Mais très vite, une fois un canal de revenu activé, et l’indépendance obtenue, ils se retrouvent dans une dynamique amorcée par le détachement de la cellule familiale, et les diverses incitations et obligations d’ordre sociale auxquelles  est confronté tout nouvel employé Burkinabé : se trouver un lieu d’habitation, l’aménager, obtenir un meilleur moyen de transport, se payer une parcelle, fonder une famille (et entre temps organiser toutes les cérémonies de régularisations avec les frais qu’elles entrainent), bref, autant de situations qui se superposent aux besoins substantielles de celui qui les subit. Et c’est à ce moment que l’on fait connaissance avec celle qui sera toujours à nos côtés tout au long de notre vie : La dette.

Tim Chen, CEO de Nerd Wallet, une société Américaine spécialisée dans le conseil financier disait lors d’une interview que « les conseillers financiers n’existent que pour les riches ». En effet, l’un des éléments qui permet à une personne  fortuné de le rester, c’est le fait d’avoir à son service, un prestataire qui s’occupe de sa santé financière, si vous voulez, comme un médecin personnel, mais seulement  pour votre argent. C’est une sensation que l’on connait un peu tous, on a un mécanicien qui a toute notre confiance, un coiffeur attitré, etc. pour un certain nombre de chose, avant de prendre une décision susceptible d’influer sur notre vie, il y a un type de personnes que l’on consulte par soucis de maintenir une certaine stabilité dans le domaine en question. Coté finance personnelle, le patrimoine de chacun entre tellement dans son intimité, qu’il nous apparait inconcevable qu’une tierce personne en vienne à y influer. Mais ce n’est pas tout : l’accès à des conseillers financiers est souvent très cher, ces derniers exerçant un travail nécessitant beaucoup d’effort intellectuel, et donc n’étant pas prêts à travailler dur pour de faibles honoraires. Le sujet du jour n’est toutefois pas dédié aux conseillers financiers, mais plutôt au bénéfice de leurs conseils. Nous comparions le conseiller financier à un médecin plus haut : son activité s’illustre en gros comme une sorte de régime que doit suivre leur client afin que son portefeuille soit en excellente santé.

Leurs services n’étant pas ouverts à tout le monde, les individus lambda, sont obligés d’apprendre eux même à suivre un régime en mesure de leur offrir une bonne santé financière permanente.

Mais comment s’y prendre ?

 

L’épargne est essentielle

Un secret de polichinelle me direz-vous. Tout le monde sait qu’il faut épargner en vue de garder quelque chose de côté pour les temps durs, ou pour les gros investissements. Oui on le sait tous. Par contre, peu de personnes ont du mal à traduire cette idée en acte concret : toutes les excuses y passent, à savoir la survenance  de dépenses inattendues, le coût de la vie, etc.

La question est donc, comment y arriver malgré tout ? Il suffit de s’obliger à suivre quelques règles. Le problème est en effet moins lié au montant du revenu qu’au fait de faire de l’épargne une habitude de vie. De ce fait ces règles s’appliquent à tous types de revenus, des moins importants aux plus importants.

  • La première des règles est d’ouvrir un compte épargne dans une banque, dans un établissement financier, ou dans un coin de votre maison auquel vous pourrez vous priver d’accès pendant un certain temps ;
  • La seconde est de prévoir commencer à économiser sur chaque revenu touché, un pourcentage dont le taux augmenterait de façon exponentiel au fur et à mesure (économiser un plus gros pourcentage mois après mois). Idéalement, le taux à atteindre pour constituer un plancher acceptable est 15% de votre revenu. Vous pourrez aller plus haut si cela vous est possible. Sinon, vous pourrez conserver ce taux de 15% comme taux standard ;
  • Prioriser le mécanisme d’épargne chaque début de mois, comme si c’était la première des dépense de nécessité ;
  • Veiller à ne violer le compte de l’épargne que pour les besoins qui le nécessiteront vraiment.

 

Créer un fond dédié aux urgences

Vous avez le choix. Le fond en question pourra être logé dans votre épargne (en occuper une grande  ou une petite) ou encore constituer un sorte de deuxième épargne. Avant tout, vous  devrez établir  de combien vous pouvez avoir besoin en cas de survenance d’un évènement inattendu.  Si rien ne se passe, cela fera toujours un surplus pour vos économies générales. Vous devrez chaque fin d’année établir si vous avez ou non eu besoin de la totalité ou d’une partie de ce fonds.

 

Utiliser la règle imparable des 50/30/20

Cette règle toute simple est une règle de gestion de son revenu, suivant notre ordre de priorité habituel. Elle s’applique surtout à la jeunesse, et s’avère très facile et efficace à mettre en œuvre.

Chaque fois que vous recevrez un paiement, ou une rentrée d’argent, voici comment vous devrez le ou la répartir :

50% devront être dédiés aux dépenses essentielles (nécessaires). Ce qui implique que vous devrez au préalable déterminer quelles sont ces dépenses de première nécessité.

30% devront être dédiés aux achats que vous souhaitez effectuer, mais dont vous pouvez vous passer (si ces 30% ne suffisent pas, vous pourrez les économiser pour qu’au prochain paiement que vous recevrez, vous les additionner afin d’obtenir de quoi mener vos achats et ainsi de suite).

Et 20% pour votre épargne, mais aussi le paiement de vos dettes (5% pour vos dettes et 15% pour l’épargne, et en l’absence de dette, entre 15 et 20% d’épargne).

A court terme, cette technique aide à épargner de sorte à avoir un bas de laine en période difficile,  A long terme, elle aide à développer des habitudes saines en matière de santé financière qui peuvent fortement vous aider à sécuriser votre futur.

Ces règles sont intéressantes mais elles trainent un aspect dérangeant : la  question du temps. Beaucoup d’objectifs que nous nous fixons aujourd’hui entraine l’impératif « tout de suite et maintenant, ce qui conduit parfois la jeunesse à dépenser plus qu’elle ne devrait. C‘est pourquoi le corollaire essentiel des règles sus-citées  n’est autre que l’anticipation. Il faut être en mesure de déterminer longtemps à l’avance les situations qui pourraient influer sur notre vie et dès lors entreprendre de les gérer.

Gérer son portefeuille au jour le jour peut parfois apparaitre comme un réflexe, mais il n’en demeure pas moins que c’est un comportement  contre-nature, l’Homme étant d’abord un être  d’anticipation.

Après tout, il ne s’agit pas juste d’être financièrement indépendant et prospère aujourd’hui, mais de tout faire pour que ce statut demeure pour les années à venir.

 

Un prochain article viendra établir les différents modes qui peuvent vous permettre de faire fructifier vos économies, et donc d’augmenter votre patrimoine sans passer par l’obtention d’un plus gros salaire.

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